Comment je me suis retrouvé avec le président du CNRS dans la rue

Mardi 14 octobre, je rencontre un citoyen de ma circonscription, François Métivier, membre du Conseil d’administration du CNRS.  Inquiet des considérations de l’Etat vis-à-vis de la recherche, et alors que l’Assemblée Nationale vote le budget de l’État pour l’année 2015, voici la démonstration saisissante qu’il m’a exposé (vous pouvez choisir entre son diaporama ou sa tribune du Monde) .

En résumé :
– la France compte un taux de doctorants au chômage 4 fois plus élevé qu’au sein des autres pays de l’OCDE
– à investissement constant, la France perd sa place en nombre de publications scientifiques
– après avoir précarisé les personnels des laboratoires, autrefois fonctionnaires, le Crédit Impôt Recherche destiné à aider la recherche fondamentale en France n’a aucune corrélation directe avec l’emploi des chercheurs en France. Pire, on ne sait même pas qui en bénéficie.

Sans être entendu, les chercheurs ont des propositions à coût constant pour changer cela :

 

=> Pour la recherche, redonner aux laboratoires les moyens de fonctionner sur le long terme et financer les multiples recherches pilotes de faible coût qui ne sont pas considérés par l’ANR et le Conseil européen pour la Science
=> Pour l’enseignement supérieur, pratiquer plus d’échanges entre laboratoire de recherche fondamentale et R&D des entreprises, et établir un taux d’encadrement des étudiants à l’université égal à celui des classes prépa et écoles d’ingénieur

 

Vendredi 18 octobre, j’ai donc rejoint la manifestation des chercheurs qui partait Porte d’Orléans pour rejoindre les Invalides (ils se sont vu l’interdiction de finir devant l’Assemblée Nationale…).

 

Entre les académiciens, le président du CNRS donc, les grands professeurs et tous les jeunes chercheurs qui constituaient le cortège, il était difficile de ne pas s’attrister du gâchis que les politiques font des forces qu’ils peuvent compter en ce pays !

Depuis, 660 directeurs de laboratoires de la recherche publique ont adressé une lettre ouverte à François Hollande. Vous pouvez en retrouver le contenu ici